Willy Ronnis

 Nuit au chalet 

 

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Photographie de Willy Ronis prise en 1935, elle marque le début de sa carrière. Lui qui aime prendre depuis toujours des photographies à l’extérieur pour observer notamment le mouvement, le voici prenant un jeune garçon immobile à l’intérieur d’un chalet. Mais cela n’enlève pas le charme de cette image en noir et blanc qui nous plonge dans un univers : celui des années 1930.

Un décor dans la pénombre, avec pour seule lumière le faible rayonnement d’une bougie. Celle-ci n’éclaire qu’à peine le visage du garçon et c’est pourtant ce qui donne toute cette atmosphère. Nous ne la voyons pas mais l’imaginer n’est pas compliquée. Une bougie comme unique éclairage dans ce chalet où la nuit paraît si douce et pourtant si soucieuse.

Sur la table ce trouve les restes d’un repas probablement terminé. Nous sommes surement à la fin d’une soirée après de longues conversations plus ou moins profondes qui laissent place à une réflexion solitaire. Les yeux fixés quelque part dans la pièce, le jeune à l’air songeur. Mais à quoi pense-t-il exactement ? Tout est imaginable, et c’est ce qui rend la photographie si intéressante. Néanmoins, il n’a pas l’air de penser à quelque chose de bien joyeux. En tout cas cela ne se lit pas sur son visage. Le climat un peu sombre en est renforcé.

Un cahier ou bloc-notes à côté duquel est posé un stylo est visible sur la table. Les pages blanches aurait-elle était remplit préalablement de mille et une façons de voir les choses, de voir la vie ? Entre deux gorgées de thé, l’écriture aurait-elle précédée et entrainée tout ceci ? Elle est en tout cas le synonyme d’une trace écrite, de ces pensées qui pourront être préservées dans le temps comme ce moment photographié qui reste malgré les années.

Par le choix de cette lumière, la photographie joue sur des effets d’ombre qui donnent du caractère à la scène. Le corps du garçon n’est pas visible en entier. Le bas de son corps ne nous est pas donné à voir. Seul son buste, sa tête et ses bras sont mis en avant mais pas dans leur totalité. On joue sur les formes en ne prenant surtout que l’essentiel avec le visage où seul la bouche, le nez et un œil sont visibles.

Le regard est donc attiré par ces faibles éléments éclairés qui nous ramènent à l’atmosphère palpable de la soirée.

Lui, à quoi pense-t-il ? Et pourquoi ? Mais peu importe le pourquoi du comment et ses pensées exactes, la scène n’en est que plus belle ainsi.

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